Les musiques

Par pays

Deux grandes écoles de la musique congolaiseont marqué cette époque : l’African Jazz fondée en 1953 par JosephKabalese dit « Le Grand Kalle » et OK Jazz, fondée et dirigée parFranco Luambo Makiadi en 1956. Bien que de style musical différent, ungrand nombre de musiciens furent attirés par les deux écoles. OK Jazzsurvécut à African Jazz de quelques décennies et réussit même àatteindre le 21è siècle.

Au début des années soixante, quelquesmusiciens pionniers, dont certains sont présentés ici, sortirent deleurs frontières cultuelles et apportèrent la musique dans les toutesparties de la diaspora noire ; de Ryco Jazz en Afrique de l’Ouest, dansles Antilles françaises et en France dans les années soixante enpassant par Fan Fan en Afrique de l’Est anglophone et dans l’Europe desannées soixante-dix et quatre-vingt jusqu’au au plus internationald’entre eux – Sam Mangwana qui vécut dans presque douze pays différentsrépartis sur trois continents. Dans les années quatre-vingt etquatre-vingt-dix, la musique congolaise atteignit le premier rang dumarché grandissant des musiques du monde, en tout cas si l’on considèreles chiffres de ventes mondiaux.
Allant uniquement bien au-delàd’une folie de musique pop, la musique congolaise est fondée sur unfort héritage culturel en relation directe avec son passé datant bienavant les années soixante. Il existe bien entendu deux Congos, mais lepays dont la musique a contribué le plus au bonheur du monde estl’ancien Congo belge, ex Zaïre, aujourd’hui connu sur le nom deRépublique Démocratique du Congo ou DRC. La capitale Kinshasa(autrefois Léopoldville) profita pendant de nombreuses années de saréputation d’être une des villes les plus musicales du monde. Voisinedirecte située exactement en face sur le coté nord du fleuve Congo, setrouve l’ancienne colonie française, maintenant République du Congo,plus connue sous le nom de Congo-Brazzaville. Originaires de cetterégion, une grande quantité d’extraordinaires musiciens sont aussidevenus célèbres même si leur réputation s’est faite en collaborationavec leurs cousins de Kinshasa.

Lareconnaissance internationale de la musique congolaise est étroitementliée avec la qualité rythmique et poétique de la langue lingala etl’emphase de la guitare des parties improvisées, connue sous le nom desebene. Le lingala est une langue tonale, décrite comme une « languequi chante d’elle-même ». Elle n’appartient à aucune ethnieparticulière, mais s’est développée comme langue commerciale etmilitaire comprenant des éléments similaires ou venus des différentsdialectes locaux. Les parties chantées de la majorité des compositionscongolaises sont d’une extraordinaire grâce et beauté. Et cependant,c’est le sebene, l’élément vital, qui produit l’enthousiasme sur lespistes de danse, c’est par lui que le pouls s’accélère et que lesguitares attaquent une très longue jam improvisée qui se développejusqu’à une apothéose euphorique.

Les titres offerts par cetteproduction contiennent quelques-uns des meilleurs exemples de la rumbacongolaise et quelques trésors moins connus mais qui sont nos favorispersonnels. Chaque génération est arrivée au point oùl les gensregardent rétrospectivement l’“âge d’or”, ou la “Belle époque” où toutétait beaucoup mieux que ce matériel de troisième classe copié que lesjeunes d’aujourd’hui écoutent faute de mieux. Cette époque vient versnous tous. Et pour nous, éditeurs de cette publication, il sembleévident que le grand moment de cet “âge d’or” se situe au milieu desannées quatre-vingt, lorsque nous écoutions nous-mêmes cette musique endirect, et à partir de là, nous sommes remontés dans cette époque. Nousnous sommes volontairement abstenus de publier les nouvellesgénérations de musiciens qui se sont déjà bien établis dans des groupescomme Zaiko Langa Langa, Stukas et les bands produits et dirigés parVerckys. Poursuivre dans cette direction aurait signifié un voyagebeaucoup plus grand et n’aurait alors plus correspondu à l’objectif decette collection.
Ceci est donc une vue personnelle, même s’ils’agit en fait de trois points point de vue, sur l’âge d’or de lamusique congolaise. Ce qui est tout à fait certain, c’est que lespremiers morceaux sont absolument des hymnes du genre.